Deux balles suffirent à enclencher un engrenage diabolique. Tirées le 28 juin 1914, elles firent deux victimes le jour même, mais en provoquèrent un nombre cataclysmique un mois plus tard.
L'Archiduc François-Ferdinand et la duchesse Sophie ne furent pourtant jamais considérés comme les premières victimes de l'embrasement général de l'Europe.
Mais l'assassinat de l'héritier présomptif de Franz-Joseph de Habsbourg par un nationaliste serbe servit les ambitions expansionnistes de Schönbrunn qui lorgnait sur la petite Serbie au sud de ses domaines. Le comte Berchtold fit pencher la balance du coté de la violence, emportant la décision auprès de l'Empereur Autrichien. Assuré du soutien du gouvernement allemand, il posa un ultimatum à la Serbie. Jalouse de son indépendance, celle-ci n'entendait pas céder à l'Ogre Habsbourg.
Un mois après l'attentat de Sarajevo, l'Autriche-Hongrie déclarait la guerre à la Serbie.
Le jeu des alliances fit le reste. En 144 heures, l'ensemble des grandes puissances européennes s'étaient toutes déclarés la guerre, jetant aux orties toutes les bonnes volontés appelant à la paix et à la modération, vilipendant le moindre soupçon de défaitisme, exaltant l'aventure militaire et oubliant tout des drames humains que cela engendrerait.
Le mois de juillet avait été fort court pour les État-majors. Les gouvernements s'engageant inflexiblement sur la voie de la violence, on sortit tout les plans de guerre que tout bon militaire prépare. Le vieux proverbe latin ne pouvait se tromper :"
Si Vis Pacem Parabellum". Celui qui veut la paix arme son Parabellum....
De chaque coté, la vitesse d’exécution des grands mouvements de troupes semblait la clef d'une victoire nette et sans bavure. Pour mettre toutes les chances de son coté, il fallait mobiliser le ban, l’arrière ban et le saint-frusquin plus vite que l'ennemi.
L'on allait voir ce qu'on allait voir. Les Teutons se voyaient défiler sur les Champs Elysées comme leurs ancêtres un siècle plus tôt, afin de se pavaner au bras des petites françaises. D'ici les moissons tout serait réglé.
Les Français n'étaient pas en reste coté optimisme. L'Alexanderplatz et ses brasseries abreuverait de bière fraiche les descendants des Grognards qui se croyaient membres de la Grande Armée. Les Cuirassiers, qui restaient sourds au souvenir douloureux de Reichsoffen, dans leur superbe uniforme, fièrement juché sur des montures altières, espéraient bien devancer l'infanterie dans la course à la Gloire et à la promenade de santé que l'on entamait.
Les forces en présence :
j'espère que vous arrivez à voir suffisamment ?
- Front Ouest :
Allemagne 6 armées entières et une réduite.
France 5 armées entières (mais donc plus faibles que les allemandes), 2 armées réduites, 3 corps
Royaume Uni: une armée, le BEF.
- Front Est :
Autriche Hongrie 3 armées entieres, une réduite et 2 corps
Allemagne 1 armée, un corps, un corps réduit
Russie 6 armées et 3 corps
- Front Serbe :
Autriche Hongrie 2 armées et 1 corps
Serbie 2 armées (assez faibles...).
L'ironie de l'Histoire, c'est que l'Etat-major allemand n'avait prévu aucun plan pour s'opposer à la Russie, alors même que c'est pour soutenir l'Empire Habsbourg contre cette dernière que l'on entrait en guerre.
Cependant, l'Empire russe étant allié avec la France, on craignait à Berlin d'être pris entre deux feux. A l'est les armées tsaristes, à l'ouest, les revanchards français.
Bien que les armées de la république ne rivalisent pas avec les allemandes, Berlin considéra que la menace française était supérieure à la russe: un pays moderne, industrialisé, et proche des centres de production de la Ruhr. La décision fut donc prise d'abattre au plus vite les armées françaises, avant de pouvoir se retourner contre la Russie.
Dans cette course folle vers la victoire, l'Etat-major allemand cherchait un moyen de vaincre le plus vite possible l'armée française. Une ligne de forts défendait la frontière entre les deux pays, qui, s'ils ne pouvaient arrêter à eux seuls la puissante armée impériale, suffiraient à la freiner. Il fallait une solution alternative, et ce fut le général Von Schlieffen qui la fournit à l'Empire Allemand, dès 1905. Lorsque la guerre éclata 9 ans plus tard, son plan fut aussitôt appliqué par l'Etat-major impérial. Il ne prévoyait rien que moins que de violer la neutralité d'un pays voisin. Ainsi, même les nations qui cherchaient à se préserver de la déflagration ne purent l'éviter....
La carte "Guns of August", comme vous pouvez le lire, est très puissante, car elle permet une avance ET un combat aux armées allemandes. Une activation normale permet l'un ou l'autre, pas les deux. Le joueur "Central" (on ne parle pas encore de l'Axe) a donc un sérieux avantage à jouer cette carte d'entrée de jeu.
Tourner les forts français impliquait de pénétrer en territoire belge, faisant fi de la neutralité du pays, et de franchir la Meuse à Liege avant de se ruer vers les plaines picardes. Pour cela il fallait mettre à bas l'obstacle représenté par la ceinture de forts défendant Liege. Bien que professant sa neutralité à chaque occasion, la petite Belgique n'avait pas eu la naiveté de croire que ces déclarations suffiraient à l'abriter. Elle avait donc investi dans le renforcement de vieilles fortifications, partant du principe que de prévoir un conflit ne pouvait nuire.
Pour l'armée allemande, prendre d'assaut des forts ne pouvait se concevoir sans utiliser l'artillerie la plus puissante. Fleuron de l'industrie allemande, les armes de destruction des usines Krupp reçurent donc la tâche de détruire le plus vite possible les forts défendant les accès à la Meuse. Ces pièces monstrueuses furent mis en batterie afin d'écraser les points d'appuis les uns après les autres.
En dépit des efforts belges pour bâtir une ligne fortifiée capable de résister à des armes modernes, les forts qui barraient la route à l'armée du Kayser, érigés au siècle précédent, n'étaient tout simplement pas assez robustes pour résister à la puissance destructrice des terribles canons allemands. Quelques heures d'un pilonnage dantesque bouleversèrent le paysage et réduisirent les fortifications en gravats. L'ampleur des destructions ne faisait qu'augurer de ce qui allait suivre, sans que les belligérants ne s'en doutent.
Le fort de Loncin en ruines après le déluge de feu :
Une fois les forts tombés, l'armée allemande était libre de poursuivre son élan au delà de la Meuse.
L'infanterie allemande dans les plaines belges :
L'infanterie belge cherche à se défendre sur les canaux :
Alors même que l'armée allemande enfonçait la défense de la Meuse à Liege, le Royaume Uni envoyait son corps expéditionnaire sur le continent. Ce corps de professionnels se porta vers Bruxelles, afin de défendre le petit royaume.
(
j'ai surtout pas le choix du placement initial).
Surs d'eux, confiants dans leur formation et leurs officiers, les fringuant soldats britanniques font une halte dans un village quelque part en Belgique.
Deux armées allemandes foncent droit à l'Ouest, bien décidés, selon les propres termes du Margrave Von Aasen, "a écorner" la force britannique. Loin au nord, éloigné des combats, l'armée Belge couvre Anvers, incapable d'apporter son concours à son allié.
Ici la première activation allemande
Conscients de la supériorité numérique de ses assaillants, et en dépit de positions préparées (
une ligne de tranchée sur Bruxelles en début de jeu), le BEF n'envisage pas de résister. Au contraire, un repli rapide est prévu afin d'économiser le potentiel du corps expéditionnaire.
Le BEF ne peut être reconstruit, au contraire de la plupart des unités : le point noir sur le pion indique les rares unités ne pouvant être reconstruites.
Il s'agit de mettre toutes les chances de notre coté, aussi le retrait est organisé et appliqué à la lettre.
Jeu d'une carte de combat :
L'attaque allemande est un fiasco complet. Les différentes unités attaquent de manière désordonné un BEF stoïque et méthodique. A chaque accrochage, les fantassins anglais (que l'on ne surnomme pas encore les Tommies) résistent, brisent l'élan, puis décrochent avant que la puissance ennemie ne puisse donner à plein.
Le résultat des dès donne une armée réduite pour l'allemand et aucune perte pour le BEF qui se voit cependant contraint de retraiter. La prise de Bruxelles offre cependant 1 point de victoire au joueur "Central", zone rouge sur la carte.
Plus au sud, la 3e Armée allemande attaque à Sedan la 5e armée française. Si son attaque débute sous de meilleurs auspices que celle sur Bruxelles, elle n'en obtient cependant pas un succès pour autant.
Le "screenshot" est le même que pour Bruxelles.
Le résultat donne un step perdu pour chacun. Quant à la retraite, les règles stipulent que l'attaquant doit avoir une unité à pleine force pour avancer. La 3e armée allemande a perdu un step et ne peut avancer.