Fin mai 1856
Les températures estivales entrainent d'agréables pensées, l'Empire d'Autriche coule quelques jours paisibles, malgré une guerre latente.
Les Britanniques préfèrent s'occuper de conquêtes en Afrique, bien que les Zoulous leurs opposent une résistance farouche.
Ce calme relatif nous permet d'initier une innovation technologique de premier plan, à savoir la construction d'un réseau télégraphique à usage civil. Ce qui a bien réussi à nos armées et aux gouvernements de province profitera également aux marchands et bourgeois capables de payer les frais associés. La télégraphie électrique permet de transmettre des messages en l'espace de quelques secondes sur tout le réseau, qui englobera bientôt Vienne et Buda, et par la suite d'autres régions.
Toujours occupé par son besoin de dominer la partie Nord de l'économie autrichienne, M. Budi-Budi a annoncé qu'il a obtenu la licence pour la construction de chemins de fer à Tschernowitz, à la frontière russe. Les journaux gagent qu'il spécule sur le commerce international, qui est destiné à croitre dans des proportions importantes, et pourrait gonfler l'importance d'une région encore somnolente.
Début juin 1856
La modernité frappe aux portes, partout! Le Portugal n'échappe pas à cette règle, l'état y prend même les choses en main et a décidé de fonder la
Companhia dos Caminhos de Ferro Portugueses.
La soif de sang ne connait pas de frontières, elle non plus. Les rivalités traditionnelles entre la Perse et les tribus afghanes dégénèrent une fois de plus en conflit ouvert.
J'étais déjà prêt à céder à l'enthousiasme du baron von Lockenfeld, qui me vantait les mérites d'un réseau télégraphique national et m'empressait d'étendre rapidement l'embryon à présent formé. Notre industrie a cependant du mal à suivre, et je préfère renforcer encore un peu notre marine, bien trop modeste pour nos ambitions. De nouveaux navires de lignes à vapeur sont commandés aux arsenaux de Trieste, pour la somme faramineuse de 324 000 couronnes.
Fin juin 1856
Nos frontières sont devenues un peu plus sures. Le plan de fortification développé par l'académie thérésienne porte ses fruits, de nombreuses villes-clé de l'empire se dotent d'ouvrages de défense.
Début juillet 1856
Les ingénieurs militaires ont du travail! Après la construction de forteresses, l'ajout d'éléments de défense dernier cri est entreprit. En Bohême et particulièrement en Lombardie, nos ennemis auront à surmonter des murs de plusieurs mètres d'épaisseur, ainsi que des arrangements d'acier protégeant des batteries d'artillerie.
Le gouvernement de mon Espagne natale veut tant bien que mal maintenir sa cruelle poigne sur Cuba. Les révoltes s'aliénant contre injustice, esclavage, et tortures systématiques d'opposants se succèdent à un rythme effréné. Le prix de maintien de ce système d'un autre âge risque bien d'étouffer la frêle Espagne, que je n'ai pas quittée pour rien.
Fin juillet 1856
Sur une toute autre note, une grève dans les usines de wagons de Pest a dégénéré et la plèbe s'en est prise aux forces de l'ordre. L'armée von Schlik stationnée à Buda se met en marche pour rétablir l'ordre qui nous est cher.
Il faut dire que nos villes grandissent rapidement, et que les quartiers ouvriers sont souvent insalubres, causant maladies et mécontentement. Ne nous avançons cependant pas trop sur ce point, car j'aimerais bien conserver le monopole aristocratique sur les moustaches élégamment pommadées.
Début août 1856
Suite à une idée du colonel Lysimachos von Reuß zu Greiz, qui a partagé ma table avant-hier, je décide de vivifier la tradition de décorations militaires en Autriche. Avec la croix du mérite, même de simples officiers peuvent être récompensés pour des actes de bravoure ou d'ingéniosité militaire. Les lieutenants sont très friands de ces médailles, et redoublent d'efforts pour s'en voir attribuer.
En parlant d'armée, la notre coule des jours heureux. La vue de flottes ennemies dans le Golfe de Venise est devenue normale, aucune autre activité notable n'a été enregistrée. Voilà un combat bien reposant.
On notera que le Royaume-Uni est en très mauvais termes avec la Russie, une raison de plus de ne pas s'occuper des affaires autrichiennes. Celles-ci vont très bien, entre autres grâce au capital inépuisable de M. Budi-Budi, qui construit une mine de houille dans nos territoires polonais.
Fin août 1856
Le vice-amiral Dahlerup a pris sa retraite, mettant fin à une carrière mouvementée. Le vice-amiral Ludwig Ritter von Fautz, né à Vienne, fils d'un marchand de toile et ancien commandant des prestigieux gardes du corps des Arcières, prendra sa relève. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a du pain sur la planche!
Le roi de Prusse s'est annoncé pour une visite d'état, il est temps de mettre fin aux singeries auxquelles s'astreignent les classes populaires de Pest. Fini de tergiverser, envoyons la troupe briser les grévistes!
Une fois l'ordre impérial remis à l'honneur du jour, on pourra réfléchir à améliorer un peu l'infrastructure locale. Je prépare les décrets correspondants, avec une amère arrière-pensée pour les évènements de 1848 ...
Début septembre 1856
Des combats à échelle locale ont lieu à Pest, rien de bien important. La construction d'égouts modernes à Pest et Debrecen débute.
Fin septembre 1856
Vienne se propulse à la tête de l'économie européenne. Forte déjà de nombreuses industries, la finition d'une manufacture de montres de luxe dans le 8e district confirme sa place de prestige.
Ce coureur d'aventures d'Alfred Leaz a montré lors de la récente exposition industrielle ce qu'il considère comme l'avenir de l'humanité: le pétrole. Utilisé pour le calfatage, ce pétrole peut-il vraiment remplacer l'huile de baleine? Surtout qu'il faudrait remplacer toutes les lampes l'utilisant ... ce Leaz me parait avoir consommé un peu trop d'opium, qu'il vante tout autant.
Début octobre 1856
Cette grève en Hongrie n'en finit pas. À peine une manifestation se voit-elle dissoute, que la prochaine prend place à l'autre bout de la ville. Je laisse donner du bâton, la police se charge d'arrêter les chefs de file, mais les ouvriers tiennent bon. Un peu de sucre ne fera pas de mal: en plus des égouts, le télégraphe sera installé sous peu dans la ville.
Une longue période de difficultés financières a étrillé les capacités d'investissement de Sir Frederick Arthur George Room, le revoici cependant sur le devant de la scène! Avec l'annonce fulgurante de vouloir construire un nouveau chantier naval, il se fait l'ami des marins et des militaires.
Début octobre 1856
Rien de particulier, sinon que le duc de Nagy-Aheuc organise la formation d'un nouveau corps d'armée hongrois à Buda.
Fin octobre 1856
Une fin d'année calme s'annonce. Pierre Emmanuel Coelioseau est commandité pour la construction d'égouts dans deux autres provinces hongroises, ses gages augmentent rapidement. Il s'est acheté un somptueux hôtel à Vienne, non sans s'embrouiller avec le notaire, qui ne voulait pas se rabaisser à céder de la propriété autrichienne à un Français, durant la guerre de plus! Il avait oublié les bons contacts de M. Coelioseau dans l'administration impériale, qui lui ont vite rappelé ses devoirs.
Début novembre 1856
Un déficit en bois travaillé s'annonce dans l'Empire, et pour une fois le prince Elviszörszkögtzkyszervar, ou plutôt son maître de domaine, décide d'utiliser la colossale fortune de sa famille de manière économiquement pertinente. Les vastes forêts de Slovaquie alimenteront en larges quantités notre industrie.
Fin novembre 1856
Rien à signaler, sinon quelques télégraphes électriques pour Sombor et Grosswardein.
Début décembre 1856
Les grandes puissances ne se gênent pas pour profiter de notre inertie momentanée. Le Tsar soumet l'Asie Centrale ...
... et la France le Sénégal.
Combien de temps durera notre incapacité à agir outre-mer? Le comte von Efelleturm me dit que si France et Royaume-Uni restent aussi inactifs que maintenant dans le domaine militaire, une paix à l'automne 1857 serait pratiquement chose sure. J'espère qu'il a raison! En attendant, nous avons le temps de manger plus d'une part de cette succulente tarte Esterházy.