Début mars 1860
Le gouvernement accueille un nouveau ministre de l'intérieur, le comte von Druss zu Dharan. Dès sa prise de fonction, il fait donner de la carotte et du bâton. Cela suffira-t-il à pacifier les ouvriers révoltés?
Peut-être pas, aussi comptons-nous calmer les cercles libéraux avec une révision du suffrage censitaire pour le vote de la chambre haute, qui serait un peu plus généreux à l'avenir. Le comte von Greiffenau exulte à cette idée, reste à savoir si la commission d'experts trouvera un compromis viable. On notera d'ailleurs que ce cher Charles-Ferdinand von Buol s'est remis de ses problèmes de santé et n'a finalement pas quitté sa fonction de ministre-président.
La démographie faisant son effet, j'accorde également l'autorisation nécessaire à l'établissement d'un port de pêche en Illyrie. L'Autriche reste autosuffisante en produits agricoles, un peu de marge ne fera cependant pas de mal.
Fin mars 1860
Une délégation serbe m'a remis aujourd'hui un document qui m'a l'air fort important. Malheureusement, je n'ai pu trouver personne à la chancellerie capable de traduire leur dialecte, je remettrai donc une décision à plus tard.
Les réformes du comte von Druss zu Dharan portent quelques fruits modestes. L'état de grève reste cependant la norme dans les provinces tumultueuses.
Début avril 1860
Il semblerait que j'aie manqué quelque chose avec cette délégation serbe ... la Voïvodie du Banat et de Temeschwar est dissoute et rattachée au Royaume de Hongrie. Aurait-il fallu que je fasse quelque chose? Enfin, l'affaire est maintenant réglée!
Quelques centaines de lieues plus au Sud, Sir Arthur Room a annoncé la finition du train transillyrien, qui desservira l'intégralité de la côte adriatique. Ordem e progresso!
Fin avril 1860
Des semaines bien calmes! Rien à signaler, mis à part le 58e essai du comte von Efelleturm d'arriver à une paix avec le Royaume-Uni.
Début mai 1860
La fabrique de munitions de Zagreb est terminée, et un ingénieur de Salzbourg présente le concept d'un moteur à quatre temps à l'université technique.
Malgré ces accents paisibles, les temps présents sont dédiés au fer et au sang. Les nationalistes italiens ont fini par s'accorder (momentanément), le roi de Sardaigne-Piémont, espoir de toute l'Italie, nous a déclaré la guerre!
Nos armées en Lombardie, préparées à ce genre de malhonnêtetés, reçoivent l'ordre de marcher vers Turin, en passent par Alexandrie. Les armées à Prague et au Monténégro viendront dans un second temps renforcer ce dispositif, tandis que les très larges défenses côtières restent en place.
Fin mai 1860
D'entrée, nos troupes bousculent les armées du prince Ferdinand Marie Albert Amédée Philibert Vincent de Savoie. La cavalerie légère évite le pire en couvrant la retraite.
Le général von Schlik pousse vers le Sud, une attaque sur Turin serait trop risquée pour l'instant. Le maréchal von Radetz reste en arrière pour assiéger Alexandrie.
Inquiétant: l'Allemagne et la Russie sont enclin à supporter les revendications italiennes, qui prévoient l'annexion de la Lombardie-Vénétie et la formation d'un royaume italien regroupant toutes les principautés existantes. Garibaldi aurait débarqué à Gênes pour entrainer ses compatriotes au combat.
Début juin 1860
Las! Les bataillons de von Schlik avancent à peine dans la campagne italienne. Partout, des redoutes et autres points de résistance forcent à s'arrêter, attendre l'artillerie, donner l'assaut à l'arme blanche ... Il vaut mieux procéder systématiquement, et justement, les calibres lourds de von Radetz ont fait des ravages à Alexandrie. Une attaque coordonnée devrait nous offrir ce noeud de communication vital.
La guerre n'est pas une raison pour négliger nos autres affaires courantes! Sous l'égide du baron Graujäger, nous érigeons une banque centrale et suivons ainsi la nouvelle mode du monde des finances.
Considérons aussi notre nouvelle fabrique de cartouches, qui connait un succès fou. De nombreuses principautés allemandes achètent nos munitions de grande qualité, le fisc s'en réjouit, tout comme Sir Arthur Room.
Et n'oublions pas nos proto-colonies, toujours alimentées par un flux de marchands allant grandissant!
Fin juin 1860
Après un bref, mais sanglant combat, Alexandrie tombe entre nos mains.
Une belle prise de guerre! La région est riche: industrie textile, fabrique de conserves, des champs de blé à perte de vue et une mine de fer très productive. Nous ne sommes cependant pas là pour nous enrichir, mais bien pour donner une leçon à Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne-Piémont.
Suivant une concertation par télégraphe, von Radetz marche vers le Sud, et von Schlik, fraichement promu maréchal d'artillerie, vers l'Ouest. Von Heß arrive déjà d'Illyrie pour combler le vide qui se formera à Alexandrie.
Et en Autriche? Un sursaut de M.Budi-Budi! Il investit dans des mines de lignite, fort bien!
Début juillet 1860
En cet été 1860, le sang coule à flots, une triple bataille a lieu dans les plaines d'Italie du Nord. D'abord, von Heß intercepte des carabinieri à cheval, qui voulaient reprendre en douce Alexandrie. Bien plus importante, la victoire du maréchal Radetzky von Radetz, qui du haut de ses 94 ans inflige une terrible défaite au prince de Savoie!
Le flanc ligurien est donc sûr, le frais émoulu maréchal von Schlik peut montrer ce qu'il sait faire. Ce sera une bataille compliquée que celle qui aura lieu devant Turin, elle demandera de la patience, de l'endurance et beaucoup de morts autrichiens. Cependant, elle se termine en victoire, l'ennemi se replie au soir!
Voilà une situation avantageuse, et von Heß serait bête de ne pas l'exploiter. Il donne l'accolade à von Radetz en Ligurie. Il faut battre le fer tant qu'il est chaud.
Le prince Elviszörszkögtzkyszervar voit dans ce tourbillon guerrier une bonne occasion de placer l'un de ses protégés. Au cours d'un dîner commun, ponctué de cerises frites à la d’Aumont, le comte Tassilo Festetics de Tolna s'assurera un commandement militaire en Hongrie.
Mais quelles cerises! J'ordonne à mon cuisiner de se faire montrer la procédure pour qu'il puisse les servir dans mon salon. La recette est une véritable hymne au goût:
Posez douze cuillerées de confiture de cerises, chacune sur un large pain à chanter, humectez avec de l'eau un second pain à chanter et appliquez-le sur le premier en sens contraire ; vos cerises ainsi enveloppées, vous les tremperez dans une pâte à frire faite avec du beurre au lieu d'huile, et à laquelle vous aurez ajouté un peu de vin de Madère et de ratafia de noyaux; faites-leur prendre une belle couleur dans une friture moyennement chaude ; vous les égoutterez, les poudrerez de sucre fin, et les servirez.
Fin juillet 1860
Les Italiens ont le sang chaud! Sortie de la garnison de Turin, partisans dans le Piémont, et pour bien faire une attaque menée par le roi lui-même.
Rien qui pourrait déstabiliser notre poigne d'acier sur la région. Avec deux sièges en cours à Gênes et Turin, nous disposons toujours d'une marge de manoeuvre importante, avec deux armées "volantes" prêtes à intervenir un peu partout. Les Italiens sont sur le point d'être saignés.