Début décembre 1850
Le massacre débute aux Pays-Bas, où le prince héritier Guillaume von Hohenzollern a gagné une bataille contre les maigres forces néerlandaises, désormais réduites à peau de chagrin et délogées de Hollande et de Zélande. Seule une partie de la Frise reste sous contrôle des défenseurs.
Nous resserrons les liens avec l'Empire Russe à la suite des négociations entrouvertes par la visite du Tsar. En ces temps de bellicisme, l'alliance austro-russe est solide.
Les capitaux privés se font rares en ces temps, trop rares pour les appétits des industriels, qui n'aiment pas patienter pour voir leurs rêves d'usines se réaliser. Il faut dire que le potentiel autrichien est mirifique, que d'opportunités sur lesquelles se jeter! Le comte von Greiffenau conseille de privilégier l'industrie légère, moins avide en capitaux, jusqu'a ce que les diverses fabriques de M. Budi-Budi commencent à produire et vitaliser les circuits économiques nationaux. Je suis cet avis de bon coeur et envoie un laquais négocier avec un riche paysan l'expansion de ses plantations de coton.
Fin décembre 1850
La tragédie néerlandaise touche à sa fin. Les Prussiens ont bien mangé du plomb, il n'empêche qu'ils contrôlent pratiquement toute la rase campagne. Seules quelques forteresses néerlandaises résistent encore à la force de leurs armes. Sa Majesté Frédéric d'Orange-Nassau a pris le commandement des dernières troupes restantes. Ironie de l'histoire, sa mère Wilhelmine de Prusse elle-même est une Hohenzollern, petite-nièce de Frédéric II le Grand.
L'industrie textile fait des progrès! M. Budi-Budi a eu la bonne idée d'organiser un dîner (payé par le secrétariat impérial) avec les frères Kiesling et ma modeste personne, et autour d'un copieux menu:
Bouillon clair, aux carottes nouvelles.
Boeuf bouilli, garni.
Purée de pommes de terre.
Vol-au-vent aux quenelles.
Pintarde piquée, rôtie.
Salade, cresson.
Petits-pois à la ménagère.
Omelette au rhum.
Dessert.
nous avons convenu de faire notre possible pour installer dans le Frioul une manufacture de vêtements à la mode. La proximité des ports de Venise et de Trieste permettra d'exporter tout ce qui ne trouverait repreneur dans l'Empire.
Début janvier 1851
Retournement aux Pays-Bas! Frédéric d'Orange-Nassau, avec un culot incroyable et une chance au-delà de toute mesure, a pu s'échapper de l'emprise de trois armées prussiennes et percer jusqu'a Amsterdam, où s'est réuni une armée de volontaires. Avec deux douzaines de divisions plus ou moins en état de combattre, le voilà en état de mener une dernière bataille.
Bien que l'issue de cette guerre ne fasse pas de doutes, l'addition est déjà salée pour la Prusse. Plus de 43.000 morts ou blessés, ce n'est pas négligeable.
Le commerce avec l'Amérique latine s'avère un lourd fardeau. Notre excédent commercial fond à vue d'oeil, n'atteignant plus que la somme symbolique de 1.000£. Les papayes pèsent beaucoup dans cette affaire!
Vue du port de Trieste
Fin janvier 1851
Les Pays-Bas essuient une fois de plus une sanglante défaite. L'armée est en lambeaux et a difficilement retraité vers la frontière belge, ne gardant qu'une force combative minime.
Le boom industriel profite aux villes les plus importantes d'Autriche, Vienne en premier lieu. De nouveaux quartiers populaires sortent de terre et bordent la vieille ville, des ouvriers venus de la campagne pour travailler dans les nouvelles usines viennent alimenter l'urbanisation.
La situation est moins plaisante dans le bassin des Carpathes, où des grèves illégales ont été organisées à Bockzkay et Farkashazy.
Le prince Elviszörszkögtzkyszervar conseille le knout, le comte von Greiffenau la carotte. Allons-y des deux! La milice est envoyée donner de la carabine, tandis que de nouveaux fonds sont alloués à une amélioration du système d'éducation.
En vue d'avoir quelques nouvelles positives, M. Budi-Budi est convié à un déjeuner pour discuter des modalités d'implantation pour une usine de biens manufacturés en Moravie, dont les marchés sont particulièrement friands. Un petit menu, mais exquis:
Écrevisses à la crème.
Émincé de filet de boeuf.
Pommes de terres gratinées.
Galantine de poulet, à la gelée.
scelle cette affaire.